ET SI L’AFRIQUE ACCUEILLAIT DES REFUGIES SYRIENS?

ET SI L’AFRIQUE ACCUEILLAIT DES REFUGIES SYRIENS?

Cela fait déjà six ans  que la Syrie est secouée par une guerre civile dont le bilan s’élève a des centaines de milliers de morts. Cette crise  a atteint une échelle internationale par les flux migratoires vers l’Europe et l’Asie où la majorité des réfugiés espèrent partir  sur une nouvelle base économique. Le monde est aujourd’hui témoin de l’impuissance de la communauté  internationale face à la crise Syrienne. Pendant que plusieurs nations hésitent à recevoir les réfugiés Syriens, je me suis demandé pourquoi les terres Africaines n’en accueilleraient pas .

Après tout, l’Afrique possède un passé riche en matière de gestion de guerres civiles et  des réfugiés permettant  de constater une certaine solidarité entre les pays africains. Depuis l’Apartheid en Afrique du Sud, en passant par le Génocide au Rwanda, sans oublier des années d’instabilités en Ouganda, sur la corne de l’Afrique et actuellement la crise Burundaise, il est clair que les mouvements de réfugiés à l’intérieur de l’Afrique sont remarquables. Je me souviens que le Cameroun par exemple avait été félicité par la communauté internationale pour l’accueil massif des réfugiés Rwandais pendant le génocide en 1994 et Burundais pendant la guerre civile qui l’avait secouée entre 1993 et 2006. Actuellement le Rwanda et L’Ouganda en font pareils face à la crise au Burundi.  le Cameroun a continué d’être une terre d’accueil face à  l’instabilité en RCA. Puisque l’Afrique s’est souvent plaint d’être reléguée au second plan des décisions mondiale, pourquoi ne pas saisir une opportunité comme celle de la crise en Syrie  pour être acteur de la paix globale?

L’Afrique dispose d’un potentiel immense en terme d’espace libre, d’opportunités d’emplois dans le secteur agricole et du développement des applications des NTIC au développement économique local et mondial. Puisque la plupart des réfugiés sont des réfugiés économiques, l’occasion leur est donnée de faire de l’Afrique un champ d’investissement durable. Selon le rapport 2015 du PNUD, entre 1990 et 2014, l’Afrique Sub-Saharienne a connu un développement considérable et peut déjà se positionner aujourd’hui comme acteur et partenaire du développement global. Le PNUD prévoit qu’en 2016, l’Afrique Sub-saharienne pourrait connaitre jusqu’à 6% de croissance économique et social. L’Afrique, à mon avis a donc beaucoup à offrir à ces réfugiés en recherche de sécurité et de stabilité.

C’est vrai que c’est une problématique politique et de ce fait, une telle initiative ne prendrait un sens réel que si les dirigeants politiques et la société civile  s’y investissent  avec détermination. De plus, la nouvelle dynamique enclenchée par les Objectifs de Développement Durable place le renforcement du partenariat pour le développement durable dans l’un de ses objectifs. C’est certainement une occasion pour les leaders Africains de faire davantage preuve d’intérêt pour la paix globale.

Une interrogation prête tout de même à réflexion….Avec 70 millions de jeunes au chômage, un taux de pauvreté de 48.5% par habitant ,un revenu  moyen de 1,966 $ US  et un indice de développement humain de 0.463 (le plus bas de tous les continents), les défis de gestion du pouvoir et les attaques terroristes internes, la dépravation constatée dans plusieurs camps des réfugiés , l’Afrique pourrait –elle supporter une telle initiative? L’accueil des réfugiés Syriens ne serait-il pas une forme de suicide quand les médias divulguent que certains de ces réfugiés sont aussi des pro-terroristes ?

Il me souvient que certaines crises mondiales sont gérées par l’ensemble de la communauté internationale. Certes les politiques Africaines pourraient ne pas avoir suffisamment de ressources financières et peut-être même humaine, mais avec l’appui institutionnel, logistique et financière de la communauté internationale et des pays concertés subissant l’afflux des réfugiés, il est possible d’affronter avec succès cette situation des moins agréables.

Le sujet très délicat et épineux  demeure une piste de réflexion ouverte. Cette idée, aussi infime soit-elle dans la  foule de celle des grands décideurs pourrait être une des solutions à la gestion des réfugiés  Syriens et au développement durable en Afrique.

Par Hervé-Boris NGATE, Masters en Etudes Interculturelles.

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