APPRENTISSAGE LANGAGIER ET PRISE EN CHARGE DES DEMENCES

APPRENTISSAGE LANGAGIER ET PRISE EN CHARGE DES DEMENCES

Le développement économique que connaissent plusieurs pays de l’Afrique Sub-Saharienne s’ensuit de la recrudescence des maladies dites dégénératives dont les démences et la maladie d’Alzheimer  (AJNS, 2009, Vol8, No1).L’OMS prévoit que d’ici 2020, la population vieillissante aura augmenté de 93% en Afrique, ce qui accroît les risques de démences. De plus ,très peu d’études ont été menées en Afrique (Nigeria, Afrique du Sud, Sénégal, Kenya, Mali, Egypte) pour découvrir  les causes, les conséquences et les moyens de prévenir et prendre en charge les démences (GUERCHET, 2010).  On limite cet article   à la prévention et à la prise en charge au moyen de l’apprentissage des langues étrangères.

The Ugandan Case of degenerative diseases

Ivan LUMU  MD

Ugandan Public Health Worker,Beginner French Student.

As we age, our mental abilities decline and certain diseases begin to take course. Dementia and Alzheimer are such diseases; these conditions are increasingly becoming more common among senior citizens of many countries including Uganda. With no particular definitive treatment of these conditions, it is every frustrating for the health workers and relatives that attend to such patients. Moreover, these patients are also disappointed by the loss of independence. Currently, many people are interested in learning what can be done to prevent or slow the progression of these disease conditions.

According to Ellen Bialystok a cognitive neuroscientist at New York University, the regular use of two languages sharps the mind; thus, provides protection against the mental decline associated with old age. In addition, bilingualism appears to delay the onset of Alzheimer’s diseases. Ellen’s findings are contrary to the previous notation that considered bilingualism dangerous to children and useless to adults.  This position is shared by many other scientists like Christopher Hertzog, who urges physical and mental activity [mental activity like learning a second language] help us stay in sharp as we age.  Given such evidence, it is, therefore, essential that parents teach their children the native language and that adult’s take the initiative to learn a second language. Furthermore, many centers that are handling people with Dementia and Alzheimer’s’ disease advise that activities such as reading and writing for pleasure or learning a foreign language and attending evening classes can help prevent dementia, a disabling illness.(Simon Atkins)

Veronique mathieu-Psychomedia

Le rôle de l’apprentissage des langues étrangères dans la prévention et la prise en charge des maladies dégénérescentes

Hervé-Boris NGATE

Psychologue/Formateur de Langues et de Cross-Culture

On peut retracer un lien entre les démences et l’apprentissage des langues étrangères dans la définition  suivante citée par Guerchet (2000) : « syndrome insidieux et progressif se caractérisant par des déficits multiples, à la tête desquels figurent nécessairement les troubles de la mémoire. Les troubles de la mémoire doivent s’accompagner d’au moins un autre type de déficit (langage, praxie, gnosie ou fonction exécutive). Ces déficits cognitifs doivent constituer un déclin par comparaison aux capacités antérieures et ils doivent compromettre les activités professionnelles ou sociales de la personne. Enfin, ils ne doivent pas être liés à un delirium ou à une affection psychiatrique» (APA, 2000)

On est en droit de se demander comment l’apprentissage d’une langue étrangère peut prévenir ou faciliter la prise en charge d’une démence. Dans la mesure où l’apprentissage d’une langue stimule les aires cérébrales contrôlant la mémoire, les démences peuvent-elles se prévenir et être traitées grâce à des activités langagières ?

L’apprentissage des langues étrangères requiert l’intégration d’un nouveau champ lexical et sémantique en plus de la découverte de la culture de langue apprise. Cela pousse la mémoire (lexicale et sémantique) à développer de nouvelles capacités de stockage d’informations. Si l’apprentissage commence dès l’enfance et continue jusqu’à 65 ans (le cerveau fonctionne au niveau maximum entre 25 et 65 ans), les risques de dégénérescences pourraient être limités. Apprendre une langue étrangère en vieillissant est donc aussi un excellent moyen de garder la mémoire en éveil et par conséquent de limiter les risques de démences.

Dans le cadre thérapeutique, l’apprentissage pourrait s’appuyer sur l’usage d’un code lexical et sémantique propre au vécu des patients afin de booster ses aptitudes mnémoniques. Pour cela,l’enseignant de langues  étrangères aura besoin d’un renforcement de ses capacités en psychologie et en thérapie pour arriver aux effets escomptés. Il faudrait aussi que cette médiation thérapeutique ne soit pas la seule option proposé aux patients afin que le choix leur revienne ; On pourra aussi leur proposer la musique, la peinture, le dessin, l’écriture, la lecture  ou, les inclure dans l’apprentissage de la langue étrangère ; Ce qui sera encore plus ludique et sollicitera plus de créativité.

Les centres de traitement des démences et d’Alzheimer sont très répandus dans les pays développés mais en Afrique (Sub-Saharienne), c’est encore un luxe que plusieurs ne peuvent s’offrir. Guerchet (2010) estime que « le coût direct lié à un patient dément en Afrique s’élèverait ainsi à 1 928$ et les coûts indirects variant de 2 521 à 5 831$, ce qui représenterait des coûts totaux allant de 4 449 à 7 759$ pour l’année 2009 (Wimo et al., 2010,).Approximativement trois-quarts du coût global des démences se trouve dans les pays à moyens revenus où environ 46% des sujets déments résident (Kalaria et al., 2008)».De tels montants ne sauraient être à la portée de tous les patients déments quand on sait que le revenu moyen en Afrique est de 1,966 $ (PNUD,2015).

Un secteur de recherche et de prise en charge  qui a donc un avenir riche si  les  politiques et chercheurs,  la société civile et les institutions de formation en langues étrangères s’y investissent. D’autre part, des réflexions sont nécessaires sur les applications au travers de partenariats entre les centres médicaux et les centres de formation en langues étrangères afin de réduire le coût du traitement et surtout d’assurer une prise en charge dans un cadre  qui est le plus proche possible de la réalité.

Mots clés : Alzheimer, Démence, Langues étrangères, Thérapie, Uganda.

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