INNOVER L’IMMERSION EN AFRIQUE SUB-SAHARIENNE ANGLO-SAXONNE

INNOVER L’IMMERSION EN AFRIQUE SUB-SAHARIENNE ANGLO-SAXONNE

« La difficulté avec l’apprentissage de la langue française ici en Ouganda est que, les apprenants n’ont plus aucune opportunité de s’exprimer en français en dehors de la classe. Une fois hors de la classe, ils retournent soit à l’anglais, soit à leurs langues locales.» (Anonyme)

La question redondante est de savoir comment faciliter l’intégration des compétences langagières en français dans un contexte comme l’Ouganda et de manière générale, en contexte Sub-Saharien Anglo-Saxon par la pratique de l’immersion.

La notion d’immersion plus répandu au Canada depuis les années 1960 reflète les espaces où la langue seconde/étrangère est le moyen de transmission des connaissances disciplinaires. La diversification de l’immersion se retrouve autant en Europe qu’aux Etats-Unis et aussi dans certaines agences de développement fournissant des formations dans la langue où les agents de développement doivent travailler en pays étranger ; Dans ce cas, il y’a des maisons d’accueils où seule la langue apprise est parlée et les espaces d’immersions sont des lieux où les apprenants n’y parlent que la langue apprise. En  regardant le film « L’auberge Espagnole » et la célèbre vidéo de « SAM en France », j’ai constaté l’importance que les maisons d’accueils jouent dans l’intégration d’une langue étrangère.

L’initiative du programme CAVIF en Ouganda a permis depuis 2014 la promotion de la langue française par la production orale au travers des activités ludiques ; la multiplication de telles initiatives en incluant les variantes de l’immersion pourrait contribuer davantage à l’appropriation de la langue française. Est-il possible de contextualiser un modèle d’immersion pour faciliter l’intégration des langues étrangères en Afrique Sub-Saharienne Anglo-Saxonne ?

En se fiant aux réactions des dizaines d’apprenants avec qui j’en ai parlé, l’idée serait la bienvenue car plusieurs voudraient vraiment aller au-delà des notions de classe et se retrouver en situation d’apprentissage informelle. S’est posé la question du coût d’une telle initiative.

L’immersion en maison d’accueil implique la participation  aux charges de la maison et les apprenants devraient pouvoir assumer de telles charges moyennant un dédommagement à la famille d’accueil. Est-ce une initiative isolée ou en partenariat avec les centres de formations ? Selon le cas, il faudrait envisager une normalisation d’une telle action au risque de se retrouver dans l’anarchie.

Les questions d’étiques sont aussi à considérer. Etique morale, culturelle et religieuse. Apres la réaction d’une apprenante qui me demanda “Et si la femme de la maison n’est pas accueillante ?’’, j’ai compris qu’il fallait fixer  des normes de conduites dans les maisons d’accueils afin de respecter la vie privée des hôtes. Puis, on devra penser à la démarche à suivre pour rendre concrète un tel projet.

Par exemple, on pourrait :

  • Identifier les familles d’accueils. Il s’agit de connaitre la communaute francophone en Ouganda et aussi de savoir les potentielles personnes intéressées par un tel programme.
  • Sensibiliser les concernés par l’information appropriée, claire et précise sur la pratique de l’immersion en maison d’accueil.
  • Former les familles hôtes d’une part et les apprenants d’autre part sur les normes et les conduites à tenir en fonction des objectifs de la pratique de l’immersion.
  • Un debriefing est nécessaire pour connaitre les attentes des uns et autres. Et aussi en savoir plus sur les apprenants et les familles d’accueils. Il est capital d’en savoir au maximum afin d’éviter des désagréments entre les différentes parties.
  • Poster les apprenants dans les familles d’accueils en fonctions des profils établis lors du debriefing.
  • Suivre et évaluer sur une fréquence fixée au préalable permet de connaitre l’évolution de l’apprentissage, les défis et les stratégies mise en œuvre pour résoudre les problèmes rencontrent.
  • Documenter le déroulement de la vie des apprenants afin de relever des leçons apprises qui serviront à améliorer les prochaines expériences.
  • La diversification est d’actualité à l’heure du multiculturalisme. Afin de ne pas sombrer dans la monotonie, il est nécessaire de laisser la possibilité aux bénéficiaires de faire des propositions à partir de leurs expériences pour diversifier les pratiques d’immersion

Comme au Canada, en Europe et dans certaines organisations, l’immersion peut être adaptée en Afrique Sub-Saharienne Anglo-Saxonne. Elle constitue une source additionnelle de revenus  et pourrait participer au développement de l’interculturalité, très indispensable dans l’appropriation des langues étrangères.

Hervé-Boris Ngaté, Formateur de langues et de Cross-Culture

Mots clés : Français Langue Etrangère, Immersion, Afrique Sub-Saharienne Anglo-Saxonne.

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