Nouvelles Approches pour Révolutionner le Système Financier International.

Nouvelles Approches pour Révolutionner le Système Financier International.

La mondialisation entraîne l’interconnexion économique des nations par un système financier international. Le système financier international décrit l’ensemble des opérations financières sur le plan international, tandis que le système monétaire international gère les relations de change et de crédit entre les pays.

Un système financier est constitué d’unités institutionnelles et de marchés qui entretiennent des relations complexes en vue de mobiliser des fonds à des fins de placement et de fournir des facilités pour le financement de l’économie mondiale.

Les institutions financières sont en majorité des entreprises ou des administrations publiques ayant le droit en leur nom propre de posséder des actifs, de souscrire des passifs, de s’engager dans des activités économiques et d’effectuer des transactions avec d’autres unités.

L’on y retrouve aussi les institutions collectrices de dépôts (ICD), où l’on peut investir ou emprunter des fonds, les Banques centrales émettant la monnaie fiduciaire, les banques commerciales, les sociétés holding, les autres sociétés d’intermédiation financière, les gestionnaires de fonds spéculatifs, etc…

Or, loin de sécuriser les échanges et de produire une prospérité partagée, cette coopération économique et monétaire génère de graves crises.

Par exemple, en 2007, les familles américaines dont les revenus stagnaient furent incapables de rembourser les prêts immobiliers non garantis. Il s’en suivit en 2008 la crise immobilière des subprimes. Elle devint financière et bancaire lorsque les banques insolvables ne purent plus accorder des crédits. D’où la faillite de Lehman Brothers, dont les répercussions plongèrent les Etats Unis dans une crise économique sévère.

 Quant à la Grèce, la  banque d’investissement Goldman Sachs lui proposa de mauvais instruments de mesure qui masquèrent l’ampleur réelle de sa dette. En fin 2009, cette banque commit un délit  en révélant à certains de ses clients les vrais chiffres de l’endettement grec, ce qui leur permit d’attaquer  ce pays au moyen de la spéculation.

Selon la journaliste économique Myret Zaki, les taux d’intérêts de la dette  grecque explosèrent de7% au taux exorbitant de 20%. Aussitôt, les marchés paniquèrent, et la crise contamina toute l’économie du pays.

Ainsi, les Etats s’endettèrent lourdement pour renflouer les banques, et devinrent incapables d’assurer leurs missions sociales envers les citoyens subissant chômage et appauvrissement. Pour s’en sortir, certaines banques ponctionnent leurs clients en prélevant leurs comptes.

En plus, les programmes d’ajustement structurels imposés par les institutions de Bretton Woods (FMI et Banque Mondiale) sont parfois inefficaces. Somme toute, le fait pour un pays d’avoir sa dette cotée en bourse le rend totalement vulnérable aux attaques des spéculateurs internationaux. Désormais, l’Etat semble l’otage du système bancaire globalisé.

Au regard de ce qui précède, le système financier international est-il le garant du bon fonctionnement de l’économie libérale globalisée ou un instrument de domination ? Comment trouver des solutions appropriées à ce problème ?

A ce titre, l’Islande et le Botswana sont des exemples de pays ayant réussi à sortir de la crise. En 4 ans d’austérité,  l’Islande a remboursé l’intégralité de sa dette au FMI, évitant ainsi la faillite.

Elle affiche un taux de croissance de 3.5 %, pour seulement  4% de chômage, un  PIB de 53 918 USD/habitant, 100%   d’alphabétisation, et une espérance de vie de 82.06 ans. La hausse des impôts a été compensée par une dévaluation de sa monnaie. Le système bancaire a été assaini et les exportations diversifiées par les nouvelles technologies.

Avec un taux moyen de croissance de 7,7 % sur plusieurs années le Botswana  représente le nouveau miracle africain, car ayant réussi à multiplier les revenus de ses citoyens par 11 entre 1960 et 2007. Ce taux de croissance est de loin supérieur à celui de Singapour (6,4 %) et de la Corée du Sud (6,6 %) sur la même période.

Les professeurs Daron Acemoglu et Simon Johnson (2001) attribuent cette réussite au bon usage des ressources naturelles, au caractère égalitaire de la société botswanaise, à la qualité de ses institutions dotées d’un taux de transparence de 6,1/10 ; ce qui en fait le pays le moins corrompu d’Afrique.

En résumé, relancer l’économie nécessite l’affranchissement du fardeau de la dette, l’assainissement du système bancaire, la réduction des procédures spéculatives, la séparation des banques de dépôt des banques d’affaires, l’amélioration de la protection sociale, et la gestion durable des ressources.

Leteno TchoualaLetono pict

Leteno Tchouala Roland Armand est un chercheur affilié au Centre de Recherche, d’Etudes Diplomatiques internationales et Stratégiques (CREDIS), basé à Yaoundé. Titulaire d’un Master obtenu à l’Université de Yaoundé II, Letono s’intéresse particulièrement aux questions économiques, en rapport avec la gouvernance des finances publiques dans le système financier mondial.

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