Réussir  la Mobilisation des Fonds de Votre ONG en 2018

Réussir la Mobilisation des Fonds de Votre ONG en 2018

L’objectif de cet article est de proposer des voies et moyens de faciliter le financement des ONG en Afrique Sub-Saharienne afin de promouvoir l’épanouissement des bénéficiaires et des responsables.

Apres 8 années d’expérience professionnelle dans le secteur des ONG en Afrique Sub-Saharienne notamment au Cameroun et en Ouganda, j’avais constaté le malaise autour des stratégies de financement des projets. Dans l’article “Fund Development And Grant For African NGOs: How To Develop Funding For Your NGO“, je mentionne quelques stratégies mise sur pieds mais dont les résultats sont peu satisfaisants.

La méthode la plus usuelle en Afrique Sub-Saharienne est la dépendance absolue des financeurs Occidentaux. Or, depuis la crise financière de 2008, ces pays Occidentaux en déficit économiques sont obligés de réduire, voire d’annuler des montants colossaux alloués aux projets d’aides vers l’Afrique.

Malheureusement, plusieurs ONG Africaines sont encore dans l’illusion d’une manne Occidentale venant soutenir leurs programmes humanitaires et sociaux. Certains donateurs exigent une contribution à hauteur de 30% du montant total requis pour la réalisation des objectifs sociaux. Ce montant reste utopique même pour des projets de moins de 1000 dollars.

Les efforts investis pour créer une nouvelle dynamique de financement local semblent vain et on se demande pourquoi ces efforts portent si peu de fruits? Comment mettre sur pieds un dispositif fiable et durable garantissant un financement efficace et efficient?

Concentrer les efforts dans les communautés. On entend par communauté, un ensemble de personnes ayant des aspirations, des objectifs et des besoins communs. On parlera par exemple de la communauté des orphelins, des enseignants, des personnes en situations de handicap.

Pour étendre ma définition, une communauté peut aussi se caractériser par une délimitation géographique. Dans ce cas, ses populations regrouperaient plusieurs types de communautés ayant en commun des besoins ou des ressources naturelles. Dans le cadre de mon argumentaire, j’aborde la définition globale de la communauté incluant la dimension spatiale, sociale et psychologique.

Ainsi, dans le quartier Nkoldongo de la ville de Yaoundé, on pourrait y retrouver différentes communautés de : chauffeurs de taxi, mototaxi, personnes en situations de handicap, orphelins et enfants de la rue, commerçants, etc…

D’après les observations personnelles des ONG qui ont réussi à prendre de l’envol financier, les efforts se sont concentrés dans les communautés où il est plus facile de faire grand impact. Les bénéficiaires sont issus de la communauté cible, et tous les financements et investissements sont concentrés sur les bénéficiaires et les responsables des ONG.

Faire communiquer les bénéficiaires sur leurs besoins. En Ouganda, J’ai pu observer une organisation pendant près de 20 mois et j’étais émerveillé du secret de sa réussite dans la mobilisation des financements : La mise en avant des bénéficiaires.

Cette approche observée dans cette Organisation Ougandaise n’était pas très courante dans les autres institutions à cause de la trop grande transparence dans la gestion des fonds collectés.

En effet, en Ouganda comme au Cameroun, ce sont généralement les responsables des ONG qui parlent pour les bénéficiaires. Ce sont eux qui évaluent les besoins pour les bénéficiaires et qui rédigent des projets pour eux. Puis, réfléchissent entre eux sur les possibles donateurs.

Bien entendu, lorsque les fonds alloués aux projets sont disponibles, seuls ces responsables en connaissent les montants exacts.

Il s’agirait plutôt de permettre aux nécessiteux de parler eux-mêmes de leurs besoins à des potentiels donateurs dans la communauté. Ce sont ces orphelins, enfants de la rue, handicapés et autres groupes marginalisés qui prendraient les devant de la scène pour s’exprimer sur leurs souffrances. Les responsables coordonneraient leurs discours pour mobiliser des fonds nécessaires à la satisfaction de ces besoins.

Pourquoi ça marcherait toujours. La question se pose alors sur la fiabilité d’une telle approche. Comment être sûre que les requêtes des bénéficiaires seront satisfaites?

Le succès de cette méthode de financement repose sur un principe simple : La communauté est heureuse d’investir sur son propre terrain. Le principe de l’autosatisfaction est le socle qui garantit la réussite d’une telle approche.

Pour mieux la cerner, prenons l’exemple de nos familles. Nous ne faisons aucun effort pour travailler dur afin de donner un avenir meilleur à notre progéniture. Nous sommes prêts à payer des sommes importantes pour leur éducation, leur bien-être psychologique et social. Nous ne voyons pas en cela un sacrifice mais une responsabilité.

En transférant cette esprit de responsabilité au niveau des communautés, il s’agirait de faire voire à tous que les besoins des marginalisés impactent négativement le développement de tous. C’est pourquoi, tous gagneraient à contribuer à leur intégration pour être tous meilleurs.

La recherche de l’autosatisfaction communautaire faciliterait la mobilisation des fonds pour des projets humanitaires et sociaux. Il ne s’agirait plus d’individus contrôlant les projets mais de la communauté travaillant en équipe pour son propre développement.

Bien plus, la réduction des montants faciliterait une donation régulière. Pour un projet communautaire de mille dollars d’investissement par exemple, sur une population de 20 000 habitants financièrement active, une contribution minimale de 0,05 dollars serait nécessaire. En transférant ces sommes en FCFA, cela demanderait une contribution d’environ 30 FCFA !

La mise en œuvre. Si l’on voudrait réduire le taux de suicide chez les mères adolescentes du quartier Nkoldongo, il faudrait par exemple:

• Identifier toutes les mères adolescentes dans le quartier.
• Créer des opportunités de laisser parler ces mères adolescentes sur leurs vécus et leurs besoins.
• Evaluer le montant financier dont elles ont besoins pour leur prise en charge en se basant sur leur discours.
• Demander aux auditeurs dans la communauté de contribuer en argent, biens matériels et logistiques.
• Multiplier des opportunités similaires pour susciter des fonds au niveau local.

En prenant l’exemple des USA qui financent des projets communautaires à hauteurs de milliers de dollars en prélevant parfois juste quelques dollars sur les revenus des populations actives, on est dans l’espoir qu’un jour nouveau pourrait se lever sur les ONG Africaines.

Hervé-Boris Ngaté, Chercheur Indépendant.

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