Innover Pour Une Education Entreprenante en Afrique Sub-Saharienne

Innover Pour Une Education Entreprenante en Afrique Sub-Saharienne

Le but de cet article est d’attirer l’attention sur le besoin d’une éducation universitaire de professionnalisation dans les Universités Sub-Saharienne. En particulier dans les filières des Lettres, Sciences Humaines et Sociales.

J’ai eu une houleuse discussion avec un jeune de ma génération il y’a environ 3 ans sur le thème de son mémoire de Masters en Lettres Modernes Française intitulé “La place du point dans la phrase”.

En fait quand il m’a donné son thème, je lui ai posé cette question: ” En quoi est-ce que ta thèse contribuerait à réduire la pauvreté parmi les jeunes?”

Autrement dit, Comment est-ce qu’une organisation solliciterais son expertise pour résoudre des problèmes de productivité avec un argumentaire basé sur la position du point dans une phrase?

Il essaya de me convaincre de la véracité de son argumentaire et nous nous sommes séparés en mésentente. J’étais surpris lorsqu’à notre rencontre suivante, il me dit que son sujet avait été rejeté après près de 2 années de “recherche” et de “travail dur”.

Ce cas qui n’est pas isolé reflète le manque d’adéquation entre les besoins des consommateurs et les formations universitaires. Ledit système est supposé produire des experts prêts à résoudre des problèmes d’entreprises ou à développer leurs propres business.

En Ouganda, j’ai constaté que tous les diplômés de licence trouvait un emploi quelques semaines après l’obtention de leurs diplômes. Un étudiant de cycle master était considéré comme un véritable expert dans un domaine précis capable de révolutionner l’économie du pays.

C’est pourquoi, selon certaines sources, l’économie Ougandaise était qualifié de première économie entreprenante entre 2015-2016.

D’autres observations sur la croissance économique du Nigeria jusqu’en 2015 (Jeune Afrique, 08 Mars 2013) nous éclaire davantage : Détecter le potentiel productif local, identifier les obstacles à l’éclosion de ces potentiels, mettre sur pieds un plan d’action pour ôter les obstacles tout en développant la production, puis produire selon les besoins globaux.

L’Allemagne a pu éviter la crise de 2008 au travers des baccalauréats professionnalisant. Les entreprises recrutaient immédiatement auprès des classes de terminales et finançaient les études universitaires selon les besoins des entreprises. Ce qui augmentait la compétitivité et l’excellence parmi les élèves des enseignements secondaires et en plus, absorbait tous les besoins d’emplois dans tous les secteurs.

La Chine, aujourd’hui leader de l’économie mondiale applique également une méthodologie similaires pour résorber le chômage. Les études sont catégorisés en fonction des secteurs de demande nationale et globale. C’est pourquoi, ils produisent pour les besoins de consommation en fonction de chaque pays au monde.

Aux USA, les  études de besoins sont élaborés par secteurs de besoins et dès l’enseignement secondaires, l’éducation devient professionalisante selon ces besoins. Les apprenants sont considérés comme de véritables source de solution pour des besoins spécifiques dans les communautés.

Ceci exige  des experts dans la compréhension des besoins des consommateurs à l’échelle nationale. Il serait nécessaire d’établir des spécialistes qui analysent et comprennent les besoins des consommateurs des autres pays.

Pourquoi les étudiants des Universités de certains pays élaborent des thématiques en désaccord avec les besoins de consommations? Comment susciter chez ces derniers l’aptitude à acquérir des connaissances basées sur les besoins des populations? Jusqu’à quel niveau les étudiants pourraient appliquer les résultats de leurs recherches aux problématiques de développement humains et économiques nationales et globales?

L’éducation trop théorique. La dure réalité serait de reconnaitre que les apprenants appartiennent à un système éducatif qui forge leur perception du developpement. Selon une ancienne étudiante de l’une des universités africaines:

“Les enseignements reposent sur 75% de théorie. Vous faites un cours de Sciences Naturelles sur les réflexes avec pour étude de cas les grenouilles. Mais vous n’aurez jamais un atelier de dissection de grenouilles pour voir à quoi cela ressemble. Même les écoles polytechniques forment des théoriciens qui finissent leur formation sans avoir jamais manipulés des instruments décrits dans leur manuel”.

Les défaillance de l’héritage colonial. Les  résultats des élèves des écoles secondaires et universitaires bilingues permettent d’observer une inadéquation dans les méthodologie d’enseignement des matières.

En effet, on observera que dans le système anglo-saxon, les enseignements sont plus spécialisés et intègrent beaucoup de manipulations pratiques. Ce qui ne serait pas toujours le cas dans les classes du système anglo-saxon.

Peut-être c’est ce qui explique une croissance d’enfants francophones inscrits dans des écoles d’enseignements anglo-saxonnes. Plusieurs parents en effet se plaignent de la trop grande différence de résultats entre les enfants formés dans les deux systèmes; Ceux formés dans le système anglophone réussissent  à mieux s’intégrer que leurs camarades évoluant uniquement en système francophone.

L’introduction du systeme LMD. Afin de pallier à cette incongruité, le système LMD (Licence-Masters-Doctorat) a été instaurée il y’a a peu près une dizaine d’années afin d’harmoniser les méthodes de formation.

En année licence, l’un de nos enseignants disaient que le système LMD nous rendraient capable d’être directement opérationnel auprès des entreprises. On voyait dans l’instauration du système LMD, la solution miracle pour la problématique de l’emploi. Malheureusement, à peine 26% de diplômés de licences réussissent leur insertion socio-professionnelle depuis les 10 dernières années.

Plusieurs étudiants se plaignaient déjà du fait que le système LMD était sur du papier et que dans la réalité, tout était resté similaire. Plusieurs déclaraient pour répéter les paroles de certains formateurs:

Même nous les enseignants, on ne comprend pas encore le système LMD“.

L’enseignant expert. On comprend dans ces propos l’urgence pour les enseignants et les formateurs de se recycler et de mettre en oeuvre leurs meilleures compétences pour voir leur passion pour une jeunesse éduquée être assouvie.

Les Nouvelles Technologies offrent des possibilités illimités de recyclage et de mise à jour des connaissances et des pratiques d’enseignement.

Si l’enseignant est suffisamment outillé pour s’informer et se former sur les différents besoins de consommation dans la société, il sera un excellent transmetteur de ces connaissances aux apprenants. C’est la responsabilité de l’enseignant et du formateur de stimuler  chez ces derniers l’aptitude à voir les besoins autour d’eux.

Le budget alloué à la recherche. Lors d’une soutenance de Masters, l’une des limitations de la thèse soulignés par les examinateurs était que 75% des sources de documentations étaient des livres sur internet. Plus tard, l’étudiant a parcouru de nombreuses thèses et a constaté qu’au lieu d’être une limitation, c’était plutôt un atout.

En effet, il revenait à moindre coût d’avoir accès à des ressources sur internet que dans des bibliothèques. Ce qui montre que des milliards pourraient être économisé si les étudiants et les enseignants étaient formés sur les astuces pour acquérir aisément des informations sur internet.

Il s’agirait de créer par exemple des liens ressources vers des bibliothèques numériques, de participer à des Webinar gratuits, d’exploiter des vidéos sur Youtube, de participer à des vidéoconférences via Skype, Whatsapp et autres.

Le Rôle de l’Etat. On aimerait comprendre quel est le rôle des gouvernements dans la facilitation d’un apprentissage centré sur les besoins des consommateurs.

En plus des efforts des enseignants et des apprenants, les gouvernements pourraient se rassurer de l’accès facile aux réseaux internet. on constate déjà des avancées dans ce domaine avec des centres de recherche numérique dans plusieurs universités.

L’écart réside dans le nombre d’enseignants et d’apprenants qui en font bon usage et qui produisent des résultats conséquents.

L’innovation croissante. Que se passerait-il si les stages en entreprise et les expériences de terrain se concrétisaient par des emplois stables et bien rémunérés? On observerait une réduction exponentielle du chômage.

Mais ces entreprises se plaignent de ne pas croître en productivité et donc, de ne pas avoir les moyens de payer les jeunes diplômés. On retrouve des entreprises incapables de payer un salaire de 80 000 FCFA pour des débutants travaillant 8 heures par jour.

Loin d’être un obstacle, ceci serait l’opportunité de faire de ces diplômés de licence des entrepreneurs. Toute la question est de savoir quelles sont les dispositions prises par les états pour faciliter l’entrepreneuriat en milieu jeune.

En Ouganda par exemple, les nouveaux entrepreneurs sont exempts de taxes pendant les deux premières années d’activités. Un tel exemple pourrait être imité et participer ainsi à résorber le chômage parmi les jeunes.

Pour en savoir plus sur les secteurs innovants et prometteurs sur l’entrepreneuriat, lisez cet article révélant les 7 richesses cachées pour l’émergence en Afrique Sub-Saharienne.

Hervé-Boris Ngaté

 

 

 

 

 

 

 

 

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